Odetta

1925 -
Céramiste
Odetta
Galerie Divet Rennes

Odetta QUIMPER

 

 

A Quimper , Jules Verlingue qui  a repris la manufacture HB (après avoir dirigé la faïencerie la Madeleine à Boulogne-sur-Mer ) souhaite renouveler radicalement la  production, quimpéroise. Il  se lance alors dans la fabrication de grès décorés qui ont les faveurs d’une clientèle de luxe. Il va être à l’origine de l’une des créations les plus marquantes du « Quimper »: Les grès d’art de grand feu « Odetta ».

 

C’est dans l’anse de Toulven , sur les berges de l’Odet que l’argile est puisé et qui donnera dès 1922 le nom à la marque «  Odetta »

«  L’originalité de la production Odetta réside, outre la création de formes nouvelles, de la technique de décoration employée. Traditionnellement, la décoration de la faïence quimpéroise s’effectue par la pose de couleurs céramiques, à la touche, sur émail cru ou sur biscuit.

 

    Pour le grès, nous nous trouvons face à un procédé de cloisonnée, cher à Longwy. Le contour du décor est tracé au manganèse, oxyde réfractaire. Les réserves , ainsi tracées au pinceau à main levée ou selon les pointillés laissés par le poncif, sont remplies par des émaux posés à la goutte avec un pinceau en poils d’oreille de boeuf.

Les émaux, pour bien adhérer au support , contiennent une décoction de fucus, algue dont le littoral regorge. C’est grâce à l’emploi d’émaux, en substitution aux couleurs, que la palette chromatique trouve toute sa puissance. Ainsi pour le grès, il en va de même que pour la faïence de Quimper , connue dans le monde entier pour la vivacité de ses tons.

 

 

Chaque vase comporte en principe ( car les exceptions ne sont pas rares), deux numéros. Le premier généralement composé de trois chiffres, désigne la forme. Le second, de quatre chiffres, repère le décor .

 

Il n’y a pas d’unicité d’inspiration dans le décor des grès HB. C’est heureux et cela reflète d’ailleurs parfaitement l’esprit de l’Art déco , plus protéiforme que certains ne l’imaginent , puisant son inspiration à plusieurs sources, mais toujours à la recherche de la rigueur . Et la rigueur convient parfaitement à la matière du grès.

A coté des figures géométriques, le décor est parfois thématique . Il peut évoquer la Bretagne, sa faune, sa flore et ses hommes mais il ne s’enferme pas dans le régionalisme. …

 

 

 

L’harmonie des Odetta, au delà du décor, tient à la richesse de la gamme des émaux. Brillants ou mats, selon l’effet recherché …Un camaïeu d’ocre et un bleu ayant la profondeur de celui de Sèvres sont particulièrement remarquables. Utilisés en couches plus ou moins épaisses, l’émail autorise des effets moirés, que des peintres expérimentés sauront rendre à la perfection.

 

La réalisation des décors demande à la fois expérience, dextérité et sens esthétique. Les artistes donnent leur instruction aux peintres mais ne réalisent pas eux-même le travail. Compte tenu des qualités requises, quelques personnes seulement se verront confier l’exécution des pièces importantes. Chacune apposant un signe distinctif sur le fond du vase, il apparait que trois peintres seulement sont , au fil des année, les talentueux auteurs de la plupart des grandes pièces.

 

La majorité des petits vases et une bonne moitié des pièces importantes sont restées anonymes et, faute d’archives, la plupart le demeureront. On ne peut que regretter l’excès de modestie de leurs créateurs, et le peu de cas que l’on faisait alors de leur talent.

Restent ceux dont la signature sur le fond des vases est dans les catalogues de la Grande Maison éclaire un peu l’histoire, ils ont pour nom Chanteau, Fouillen, Brisson Garin, Beauclair, Renaud ou Rol… »

 

Texte tiré de l’ouvrage Odetta, Coécrit par Bernard Jules Verlingue et Jacques Glérant édite par les Amis du Musée de la Faïence , décembre 1999.

œuvres de l'artiste

Galerie Divet Rennes