Jacques Doucet

1924 - 1994
Peintre
Jacques Doucet
Galerie Divet Rennes
 
 
 
Peintre à la gouache , pastelliste, peintre de technique mixte cartons de tapisseries, dessinateur. Abstrait informel groupe COBRA.
 
 
A 18 ans, il écrit des poèmes et dessine des scènes humoristiques qui plaisent à Max Jacob, qui l’encourage à peindre. En 1947, au cours d’un séjour à Budapest, il fit la connaissance de Corneille.
 
 
Avec Atlan , il fut l’un des seuls peintres français qui entretinrent , au lendemain de la guerre, des relations avec les groupes expérimentaux belges , hollandais et danois. Il collabora avec le groupe hollandais Reflex, adhéra au «  surréalisme révolutionnaire » et fut membre de Cobra.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Il exposa personnellement en 1947 à Budapest, de 1953 à 1958 à la galerie Liège à Paris, à Bruxelles au Palais des Beaux-Arts en 1955, entre 1960 et 1970 à la galerie Dina Vierny à Paris, en 1961 à la galerie Blanche à Stockholm, en 1963 à la galerie La Roue à Paris, en 1967 à la galerie Paul Bruck à Luxembourg, en 1971 à la Court Gallery de de Copenhague, en 1972 à la galerie Saint-Léger de Genève et en Italie, puis régulièrement à la galerie Ariel de Paris. Après sa mort, de nouveau la galerie Ariel montra des ensembles rétrospectifs de son oeuvre, en 1997 à Paris la galerie Thierry Spira. 
 
 
Ses premières oeuvres sont fortement influencées par Klee et Miro, mais également par Matisse et le Picasso de la période bleue.
 
D’emblée son oeuvre est marquée par l’humour et le jeu.
Après les oeuvres de jeunesse, inspirées également par les graffitis et les dessins d’enfants , la peinture de Doucet se fixe rapidement sur son langage propre : des formes abstraites, rondes et sciemment molles, dans des pages généreuses et ternies, cernées d’épais traits noirs, s’articulent les unes aux autres comme par une prolifération organique de protubérances mal définies et troubles qui se chercheraient un mode d’existence. La gamme chromatique décline les tons doux et délicats, toutes les nuances de bleus, les ocres, des blancs purs ou teintés relevés par des rouges et des traits noirs. 
Des collages apparaissent ensuite composés de bouts de cartons ou de papiers déchirés , choisis pour leurs qualités plastiques- forme, matière couleur-auxquels sont adjoints encore et peinture.  Dans les années 70, il créée ce qu’il nomme des pétrifications, rassemblant entre deux plaques de verres des plans de couleurs des objets hétéroclites. L’oeuvre de de Doucet travaille ainsi dans le sens d’une animation de la richesse des matières et des rapports chromatiques. Sa peinture évoque, douce- amère, une gangue en mal de procréation. 
 
 
 
 
 

Le mouvement CoBra : 

 
Peu après la Seconde Guerre Mondiale nait  un mouvement qui plaçait délibérément l’expérimentation au coeur de la création et y voyait un élément si important de l’action créatrice que ce maître mot résumait tout son propos.
 
Les artistes baptisèrent leur mouvement « Cobra », combinant les premières lettres des trois villes dont la plupart venaient: Copenhague, Bruxelles et Amsterdam-ils optèrent pour les noms français, car cette langue était celle employée par le groupe. Le serpent qu’ils adoptèrent comme emblème symbolisait parfaitement le caractère combatif et révolutionnaire dont allait bientôt témoigner ce mouvement international.
Pour ces artistes , il ne s'agissait pas seulement d’expérimenter de nouveaux matériaux, mais de remettre en cause les anciennes valeurs du monde de l’art, de faire table rase des normes et d’essayer de s’exprimer de façon totalement spontanée, à l’instar d’un enfant , d’un primitif ou d’un malade mental.
De même leur approche expérimentale ne pouvait que boucler les fondements de la société et de l’existence entière. 
 
 
 
Les artistes réunis sous l’égide de Cobra avaient tous éprouvé pendant la guerre- les uns peut-être plus que les autres-à quel point l’art et la vie sont intimement liés, d’autant plus que l’oppresseur avait proclamé leur art "entartet", c’est à dire dégénéré. Ils considéraient leur travail comme une manifestation de liberté et de résistance. Nombre d’entre eux, d’ailleurs, participèrent activement à la résistance, aux sein de laquelle, dans toute l’Europe, les communistes jouaient un rôle important. 
 
Cela explique en partie pourquoi il leur était impossible de situer la révolution qui s’opérait dans leur travail hors du contexte des grandes mutations qui , à leurs yeux, devaient également transformer la société…..
 
Source : Willemijn Stokvis « COBRA », éditions Gallimard, 2001.

œuvres de l'artiste

Galerie Divet Rennes